25 déc. 2009

L'Homme et la bûche


La rencontre de l'Homme et de la bûche - la bûche-gâteau, s'entend - se fait habituellement grâce à l'intermédiaire de l'alcool, car il faut être vraiment saoul pour manger une tranche de la bûche classique.

Mais la "faute" a d'abord été commise au moment de l'achat.

- Hummm..., me suis-je dit, je n'ai jamais essayé cette sorte de bûche dont tout le monde parle. C'est cette année ou jamais que je tente le coup!

Après moi, d'autres clients du supermarché ont aussi été tenté d'en faire l'achat, mais ils ont pris la peine de lire quelque chose sur la boîte et, l'homme et la femme, d'un commun accord, se sont dit tacitement "non" à l'offre du fabricant, dont on pouvait y lire que cette bûche était pourtant authentique.

Avec du recul, j'ai compris que c'est le mot authentique qui m'aura fait fléchir... Mais encore...

Hier soir, donc, après le souper et après le bulletin télévisé (juste pour voir comment ce monde s'enfonce lentement dans les profondeurs de la misère), je sors la bûche de sa boîte.

Ça faisait deux jours qu'elle m'attendait dans le réfrigérateur.

J'avais déjà deux bonnes coupes de mousseux derrière la cravate mais j'ai pu encore lire le mode d'emploi:

Conserver au congélateur à -25 C
Keep in the freezer at -25 C


Hé, hé!

D'ouvrir la boîte en carton pourvue d'une fenêtre en plastique - pour voir d'avance la bête "vivante" - fut une opération assez facile. Ce fut par contre plus laborieux de sortir la bûche de son sas - ie le sac de plastique imperméable qui le protège du monde extérieur et des microbes comme la listeria monocytogenes, si jamais la listeria s'attaque à la bûche, ce dont je ne me préoccupais pas sur le moment - cette opération, disais-je, exigeait une plus grande dextérité, faute de quoi la bûche court le risque de se démolir tranquillement sous le regard inquiet du consommateur.

Rendu à cette étape, il me fallait humidifier le palais après autant d'effort, ce qui fut fait en deux bonnes lampées. Il n'était pas dit que j'allais baisser pavillon devant une bûche décongelée...

Voilà que finalement je réussis à déposer une tranche à moitié défaite dans mon assiette, juste à côté de la bouteille cheap de Cordoniu.

- Même devant toi, bouteille de mousseux ordinaire, j'ai honte de m'attaquer à une telle bûche.

Rien de moins qu'un aveu délibéré.

C'était d'autant plus vrai que je venais de remarquer une étrange flaque sirupeuse au fond du bac de plastique où reposait, un peu plus tôt, la bûche dans sa totalité. Mais alors, comment décrire cette mare d'une couleur indescriptible traversée d'une étrange vie interne, probablement reliée à un mouvement brownien unique, cela dépasse l'imagination.

La bûche était de toute évidence trop décongelée depuis trop longtemps et elle avait commencé à se découvrir une vie autonome. Quoi qu'il en soit, la tranche avec son air résignée était maintenant dans l'assiette. Et avec l'aide de deux autres bonnes gorgées, la tranche allait passer à l'histoire. Suffisait de ne pas regarder la flaque dans le bac.

Je ne pris pas grand temps pour rapidement comprendre que le goût était déplorable et que même si j'avais eu deux autres bouteilles à portée de main, c'était inutile de s'entêter à poursuivre l'expérience. C'était dégueulasse de gras trans et de sucre hyper-concentré, de quoi se demander d'où venait cette réputation surfaite de l'entreprise responsable de la fabrication d'une telle bûche, une bûche vouée à la honte, rien de moins.

Je m'empressai donc de jeter le contenu de mon assiette dans la poubelle de la cuisine. Et le reste de la bûche par le fait même. Et, par la même occasion, de prendre une photo pour immortaliser la bête, bien que même sans photo, la "chose" pourrait rester intacte pour des siècles et des siècles, tant sa composition chimique lui assure une survie éternelle.

Voici, en guise de conclusion, la valeur nutritive de la bûche. De quoi faire réfléchir, ce qu'avait sans doute fait le couple en question avant de prendre une décision...



Le 4% de fibres, c'est probablement qu'ils tiennent compte de la boîte en carton...

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23 déc. 2009

Anecdotes

Je demandais à un commis d'étalage, d'une manière tout à fait distraite, si les fruits que je pointais du doigt - était-ce des bananes, des fraises ou des oranges? je ne m'en rappelle plus - étaient biologiques ou "normaux"...

- "Normaux", qu'il me répondit.

C'est vous dire où on en est rendus, nous tous!

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Une caissière, qui venait de passer au lecteur laser (scanner) un chocolat suisse, me demanda ensuite si "c'était tout", ce qui est la manière indirecte de s'enquérir si j'avais d'autres articles à acheter.

- "Non, c'est déjà beaucoup trop" que je répondis avec un grand sourire. Une jeune femme en avant de moi gloussa malgré elle tout en tentant de cacher son rire derrière ses gants.

C'est comme ça qu'on rend les gens momentanément heureux pendant le temps des Fêtes!

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Toujours dans la fièvre du temps des Fêtes, je me baladais avec mon attirail de photos dans un secteur hyper-commercial lorsque j'essayai de traverser une artère très achalandée.

Je pris la peine d'attendre mon signal pour ce faire.

Rien n'en fit, deux autos me prirent presque en sandwich, l'un par l'avant, l'autre par l'arrière.

On dit que le temps des Fêtes, c'est la célébration de l'Amour avec un grand "A". Bien entendu, c'est tout le contraire: tous les achats et autres obligations de cette période de l'année rendent tout simplement irritables ou fous - c'est selon - les citoyens prisonniers de ce rituel.

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J'imagine que vous m'avez vu venir avec mes gros sabots, à savoir que j'allais vous parler de mes souhaits pour la périodes des Fêtes.

Je vous souhaite seulement de ne pas devenir trop fous. Et c'est déjà beaucoup.

Portez-vous bien, tous! Ça aussi, c'est un voeu réaliste et humain... ;)

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J'ai seulement googlé "crowd + shopping + mall" pour obtenir cette image, la banque d'images côté anglais étant plus abondante. Mes excuses...

19 déc. 2009

Quartier libre


Aujourd'hui je m'épivarde (faire ce qui me tente sans contrainte). Avec ma bagnole je me proménerai à gauche et à droite et arrêterai sans doute voir mon paternel et sa blonde. Avec mon kit photo, juste au cas. Peut-être aussi un peu de bowling. C'est super le bowling avec lui et sa blonde. La formule a déjà fait ses preuves. Dès notre arrivé au "salon de quilles", la caissière - digne représentante des personnages de Fellini: grosse, exubérante, gentille et l'oeil complice - met en marche une allée à notre intention en deux-trois coups de cuiller à pot, deux-trois sourires tout en faisant valser la vieille caisse enregistreuse au son du tiroir qui fait un court clin d'oeil. Ensuite, on joue trois parties, rarement quatre. Sans prétention. Chaque fois je me fais laver. Très rigolo.

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Je viens de chercher la conjugaison du verbe "promener" au futur simple dans le Bescherelle. Juste pour vérifier l'accent sur le premier "e". Chaque fois que je vérifie un truc dans le Bescherelle, je crois entendre une enseignante de français nous dire que nous n'avons pas besoin du Bescherelle parce que si nous connaissions par coeur les exceptions de la conjugaison française - qui se résument en quelques pages (voir Grevisse) - nous n'aurions pas à recourir au Bescherelle, qui n'est qu'un truc de paresseux ou d'ignorant. Et qui, du même coup, rapporte de l'argent à un éditeur. Il y eut un temps où je savais ces règles mais maintenant je recours au Bescherelle. Sans honte.

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Hier, un vieux copain me rejoint au téléphone pour m'offrir son Pentax K1000, cadeau de son paternel alors qu'il venait d'obtenir son diplôme du secondaire. Un bail, en effet. Mais en parfait état. Le Pentax en question permet, entre autres, des prises de photo entièrement au manuel. Que du plaisir. Et solide comme le rock. En effet, il l'a déjà échappée et elle est restée parfaitement fonctionnelle. Ça m'a fait penser à Yvan le Terrible qui en possède une aussi et qui m'a déjà fait le même commentaire.

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Ma prochaine étape, côté photo, ce sera de travailler avec le format moyen (120) - dont la surface est plus grande que le 35 mm - avec une caméra comme le Mamiya 645. Excellent pour les portraits et les panoramiques. La grandeur du négatif permet des travaux plus recherchés avec un agrandisseur de chambre noire. Mais je suis loin du compte encore...


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Pour votre information, le fabuleux anthropologue Serge Bouchard fait un retour à la SRC. Les auditeurs auront droit à une nouvelle série des Chemins de travers dont les thèmes seront les suivants:

L’animateur et anthropologue SERGE BOUCHARD nous revient en cette période des Fêtes avec six nouvelles émissions qui seront diffusées les dimanches soirs du 20 décembre au 24 janvier à 20 h. Ces sentiers, où l’on « prend le temps de réfléchir agréablement », abordent divers thèmes.

LA FAMILLE 20 décembre
À l’approche de Noël, l’animateur se penche sur la question de la famille québécoise et sur son évolution. En deuxième heure, la sociologue YUHO CHANG porte un regard sur notre identité à travers le roman québécois du siècle dernier.

LA FOI, L’ESPÉRANCE, LA CHARITÉ 27 décembre
Au moment de prendre nos résolutions du Nouvel An, Serge Bouchard propose un moment de réflexion sur les vertus théologales. En deuxième heure, le cinéaste BERNARD ÉMOND nous offre sa perspective des croyances, de l’espérance et de l’altruisme.

L’OURS 3 janvier 2010
L’ours fut à travers les siècles un animal vénéré, admiré et craint à la fois. Roi de la forêt, il occupe une place à part dans l’imaginaire de l’Homme. Serge Bouchard nous raconte SON ours et s’entretient en deuxième heure sur l’ours québécois avec le journaliste LOUIS-GILLES FRANCOEUR.

LES ATIKAMEKWS 10 janvier
C’est la Première Nation la moins bien connue au Québec. Quelle est son histoire? Sa culture? L’animateur se penche sur cette population en compagnie de KARINE AWASHISH, une jeune Atikamekw qui incarne l’avenir de cette nation.

LA PAIX 17 janvier
En conclusion de la Décennie internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde, Serge Bouchard propose une réflexion sur cette paix tant recherchée et tellement inatteignable. En deuxième heure, JOCELYN COULON du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix du CÉRIUM se joint à l’animateur.

LA RÉVOLUTION MEXICAINE 24 janvier
La révolution mexicaine fête ses 100 ans cette année. L’animateur raconte l’histoire méconnue de ce grand pays, tandis qu’en deuxième heure, l’historien CLAUDE MORIN apporte son interprétation de cette première révolution sociale du XXe siecle.


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18 déc. 2009

Prédiction II

Je vous l'avais dit!

L'annonce de l'interruption de sa carrière n'a pas mis fin au scandale: Tiger Woods reste empêtré dans ses affaires d'adultères, alors que sa femme serait sur le point de demander le divorce et que son médecin canadien est accusé de vente de produits dopants.


Eh oui, c'est comme ça que ça devait se passer... Vous aviez pensé que la suspension de sa carrière allait arranger les choses? Cela dans le but de "voir à sa famille"? Eh ben, non.

Ms Elin Nordegren n'oubliera certainement pas de réclamer sa part avant de le quitter pour de bon.

Et ça va lui coûter cher. La perfection a un prix... Hé, hé!

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15 déc. 2009

Entretiens avec Ivan Ilitch


J'aurais pu reproduire ici une quinzaine d'extraits édifiants de ces entretiens entre le journaliste David Cayley et Ivan Ilitch, lequel nous éclaire par ses propos éclairants sur l'outil, le travail fantôme, la saturation des systèmes, les pièges de l'éducation (et sa reproduction des élites sous les oripeaux de la démocratie), mais j'ai préféré en prendre deux appartenant à la civilisation occidentale et à la linguistique:

Cayley - Il me semble que d'une certaine façon, le but de votre travail est iconoclaste. Vous détruisez les images dans le but de dégager la route qui mène à la surprise et au mystère.

(...)

Ilitch - Oui, mon travail est une tentative d'accepter - et je le fais avec une grande tristesse - les réalités de la culture occidentale. Dans Dawson (auteur), il y a un passage où il dit que l'Église est l'Europe et que l'Europe est l'Église, et je réponds: "Oui! (...)". À force de vouloir assurer, garantir, ajuster la Révélation, les meilleurs deviennent les pires. Et pourtant nous devons toujours être prêts à reconnaître, même si nous sommes Palestiniens, le Juif couché dans le fossé afin de pouvoir le prendre dans nos bras et l'embrasser.

Je vis aussi avec un sentiment d'ambiguïté profonde. Je ne peux rien faire sans la tradition, mais je dois reconnaître que son institutionnalisation est la base d'un mal plus profond que tous les fléaux que j'ai vus de mes yeux et avec mon esprit. C'est ça que j'appellerais l'Occident. En étudiant et en acceptant l'Occident comme une perversion de la Révélation, je deviens de plus en plsu perplexe, mais ma curiosité augmente et je m'engage corps et âme à en rechercher l'origine, qui est la voix de Celui qui parle. C'est aussi simple que cela... enfantin si vous voulez, mais, je l'espère, innocent.

Cayley - Vous voulez dire que la perversion et la sauvegarde de la Révélation vont de pair dans l'histoire de l'Occident?

Ilitch - Absolument.

***

Cayley - Qu'est-ce qu'un mot amibe?

Ilitch - J'ai pris ce terme dans les travaux du professeur Uwe Pörksen, linguiste et médiéviste de Fribourg. Durant la seconde partie des année 1980, Pörsken est arrivé à la conclusion qu'il existe certains mots, dans toutes les langues modernes, qui devraient être étiquettés d'une façon particulière lorsqu'on les met au dictionnaire. Un dictionnaire nous dit qu'un mot, dans son sens courant, a telle ou telle signification; que dans son sens vieilli il en a une autre; que, si vous l'associez à d'autres mots, il devient vulgaire; et que, utilisé dans un autre sens encore, il devient technique. Uwe Pörksen est arrivé à la conclusion qu'une catégorie majeure de mots couramment utilisés a été négligée, et il a créé l'expression "mot-plastique" pour les désigner. Un mot-plastique a de puissantes connotations. L'individu qui l'utilise se sent important: il s'incline devant les membres d'une profession qui en savent plus long que lui sur ce mot, et il est convaincu, en le prononçant, de faire en quelque sorte une déclaration scientifique.

(...)

En général, c'est un mot qui a toujours existé dans le langage mais qui a reçu un lessivage scientifique puis a été rejeté dans le langage courant avec une nouvelle connotation: il a maintenant un rapport avec des connaissances possédées par les personnes, auxquelles d'autres personnes ne comprennent rien. Pörksen classe le mot "sexualité", par exemple, dans la catégorie des mots-amibes - comme les mots "crise" et "information".

[Peut-être aussi le mot "démocratie", "égalité", "justice"... notes du commentateur Trader...]

(...)

Quand j'ai dit à Pörksen: "Uwe, je crois que j'ai trouvé le pire d'entre eux: "vie", il est devenu très silencieux.

(...)

Quant à moi, j'en suis arrivé à me dire, chaque fois que j'utilise le mot "vie" aujourd'hui, que je pourrais tout aussi bien tousser, m'éclaircir la gorge ou dire "merde".


Entretiens avec Ivan Ilitch - David Cayley. Éd. Bellarmin. 355p.

Hé!

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13 déc. 2009

À la casse!

C'est l'histoire de mon premier ordinateur (don d'un ami), le Kayak XA de Hewlett Packard (Pentium II).

C'est avec lui que j'ai navigué sur le Net à partir de ma grotte. Je l'ai longtemps utilisé sans regarder ses tripes. Puis je l'ai remisé il y a environ deux ans pour un autre modèle usagé plus performant.

Longtemps je l'ai laissé dans un coin, ne sachant que faire de cette ferraille. Mais il y a un temps pour tout et l'heure de mon Kayak était arrivée. Je me suis retroussé les manches et j'ai d'abord décidé de lui retirer son graveur LG. Je ne sais pas pourquoi, mais tout travail technique de cette nature, ne serait-ce que d'ouvrir un capot, me rebute.

Quoi qu'il en soit, j'ai commencé par le lui retirer puis à examiner le mécanisme qui retenait en place le graveur. Comme je n'y suis pas arrivé du premier coup, je suis allé dans une autre pièce continuer ma lecture des "Entretiens d'Ivan Ilitch" de Cayley. C'est ainsi que j'ai fait la navette entre deux pièces pour arriver à mes fins, retenant la leçon du Traité du zen et de l'entretien des motocyclettes de Pirsig: pas de panique, il suffit de respirer par le nez et de trouver la voie pour arriver à ses fins, au lieu de tout casser, quitte à se reprendre tranquillement en plusieurs essais.

Après avoir retiré le graveur - suffisait de le décliper et de pousser dans la bonne direction - j'ai décidé de faire le reste, c'est-à-dire de stripper mon ordinateur. Et hop la mémoire vive! Et hop le disque dur qui, celui-là, m'a résisté plus longtemps jusqu'à ce que je découvre l'astuce de la fausse porte arrière retenue par un bracket.

Avant de l'apporter au centre de recyclage de Montréal, j'ai pris la décision de la prendre en photo, malgré son air penaud. J'ai remis en place temporairement son "calendre", qui a tenu cahin-caha, le temps de prendre a lousy picture et clic!

Salut la vieille et merci pour les services rendus! Elle avait donné tout ce qu'elle avait dans les tripes, aucun doute là-dessus...

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12 déc. 2009

Prédiction

Je reviens rapidement sur l'affaire Tiger Woods.

Une prédiction.

Comme il vient d'annoncer qu'il suspend indéfiniment sa carrière de golfeur, de manière à concentrer ses efforts sur son mariage et sa famille, Trader y voit un sauvetage de dernière minute destiné à l'échec.

Non pas que je souhaite cela à Woods. C'est sa vie après tout. Et puis, Woods a tout l'air d'être un chic type, quand bien même il a une faiblesse pour le sexe opposé.

Mais une dame ne supporte j-a-m-a-i-s l'affront public (et celui-ci encore plus par son côté hyper-médiatisé) de la maîtresse, encore moins d'une dizaine. À moins d'être la femme du président américain et de concevoir leur union comme un mariage de raison ou comme une association pratique...

Woods ne gagnera que du temps par cette manoeuvre, c'est tout. D'ailleurs, une collègue de travail était elle-même furax du comportement de Woods, laissant entendre qu'il devrait savoir comment se contenir. J'ai pas trouvé d'autres mots pour traduire le petit dérapage verbal que j'ai entendu... Quand une femme, qui n'a rien à voir de personnel avec le golfeur, réagit avec autant de fureur, c'est facile d'imaginer quelle fut la réaction de la principale intéressée...

L'argent n'y fera rien et Tiger aura au moins appris cela, mis à part le golf.

Pas facile la perfection..., surtout quand on finit par comprendre que ça n'existe pas...

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10 déc. 2009

La mesquinerie ordinaire

Tom Cruise et Katie Holmes renouvelleront leur contrat de mariage. Apparemment le premier contrat venait à échéance et Katie hésitait à le renouveler. Tom lui aurait offert 75 millions $ et il semblerait que la somme aurait été suffisante pour convaincre la dame. Personnellement, je ne donnerais même pas un vieux 2$ pour tenir la main de Mme Holmes. Mais les goûts, ça ne se discute pas.

De toute manière, ce genre d'entente semblerait une mode en plein essor. Le même genre d'arrangement aurait eu lieu entre Tiger Woods et sa femme. J'imagine qu'au "renouvellement" du prochain contrat, la dame aura des arguments pour faire monter les enchères. Une dizaine d'arguments à tout le moins...

À un niveau plus local, on a déjà eu un ministre qui aurait passé le même contrat avec une dame. Savez, le ministre qui a oublié quelque chose d'important sous l'oreiller?...

Ça doit être épeurant d'accepter d'être tout seul, hein? Au point de payer pour donner l'apparence du bonheur ou quelque chose dans ces eaux-là... La solitude fait vraiment peur, de toute évidence.

S'cusez-moi, il y a des affaires qui me dépassent.

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Une petite vite: un usager du métro, genre mammouth survivant d'un écrasement sur la Cordillères des Andes s'impose à mon paysage urbain. Voyez le genre?

À l'arrivée du métro, il longe la rampe pour se synchroniser avec l'ouverture d'une porte, de sorte qu'après la sortie des passagers, il peut se glisser à l'intérieur du wagon et prendre le premier siège vide. C'est ainsi que le mammouth m'a légèrement poussé pour mener à terme sa délicate opération. J'ai laissé faire et il est donc entré le premier. Quand, à mon tour, je suis finalement monté, il était déjà assis sur son trône, très fier de la réussite de son entreprise.

Je me suis assis un peu plus loin et me mis alors à le regarder d'une manière neutre. Rien de méchant. Je voulais juste voir sa face de mammouth pour le graver dans mon cerveau jusqu'à la fin de mes jours. Il était formidable dans sa connerie. Ses yeux correspondaient à son style corporel: lourds, boursouflés, éteints, sans éclat, vides. Puis, au bout d'une minute ou deux, il se mit à fixer le plancher. J'ai alors regardé ailleurs.

Fascinant.

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Je dois vous faire un aveu. Il m'arrive de faire de moi-même un imbécile. Quand un piéton me dépasse dans un couloir et qu'il m'oblige à ralentir, je le punis en marchant tout doucemement sur ses talons. Je suis un expert en cette matière, car personne n'a jamais été déchaussé par mon geste. Sauf que normalement, la personne se retourne vers moi pour me montrer un air indigné. Et moi de dire tout tranquillement:

- Toutes mes plus sincères excuses...

Hé, hé!

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7 déc. 2009

Lachine by the beach


Lachine un dimanche. Caméra en bandouillère. Exploration des rues près du canal et plus en haut au nord, un peu à la hauteur de la rue St-Louis.

Lachine, le dimanche c'est comme Trois-Rivières à une autre époque. Une ville qui donne l'impression d'être dévastée par une guerre civile. Personne ne marche dans ses rues. Tout autour de vieilles bâtisses de la rue principale s'agglomèrent des constructions de briques rouges plus ou moins bien entretenues. Quelques unes d'entre elles semblent même réduites au complet abandon. Un bar et une taverne, côte à côte, ont des fenêtres barricadées. D'autres tiennent le coup, de justesse.

Un cinéma d'autrefois est fermé depuis des lustres. La grosse devanture est là avec le nom ronflant du théâtre d'une autre époque. Une fenêtre est placardée ou peut-être y a-t-il un papier carton en lieu et place de la vitrine principale, je ne sais plus. Un peu comme celui sur la rue St-Hubert, à la différence que cette dernière a été rénovée.

À Lachine, la rénovation c'est tel que tel.

J'arrive à la rue St-Louis. Un club est encore ouvert. Apparemment, c'est un endroit où le sport est célébré. Un vieux est assis à une table tout près de l'immense vitrine principale. Il me regarde et voit ma caméra, un Canon A-1. Il fait une mimique comme s'il avait lui-même la caméra en main et qu'il faisait des photos. Je le surprends en prenant sa photo. Il me salue bien gentiment. Pauvre vieux. Tout seul avec sa bière. Personne autour de lui. Un véritable western. Ne manque qu'une bonne rafale, une volée de poussière et des portes battantes qui claquent.

Le western a été inventé à Lachine, pas à OK Corral. Je l'affirme et le certifie.

La rue St-Louis aussi est déserte comme au lendemain d'une bombe à neutrons. Personne pour donner signe de vie, sauf quelques ados désoeuvrés qui se parlent dans un coin. Une femme sort d'un commerce presque en courant pour tout de suite entrer dans sa voiture avec son sac d'emplette. Comme si dehors il y avait une pluie de rayons radio-actifs.

Ça fait longtemps que j'ai décidé de marcher dehors sans me presser. Pourquoi tant d'énervement un dimanche après-midi à trois heures?

Je fais un autre coin de rue et shoote au petit bonheur sans trop y croire. Commence à faire froid. C'est le mois de décembre tout de même. Mes pensées s'entremêlent. La photo, les livres, le boulot et quelques souvenirs comme dernière fusée lancée par mon inconscient. Je risque même une petite réflexion sur mon dernier film Neopan complètement raté. Je comprends tout à coup que mon HC-110 n'a pas été bien dilué. Trop fort. Film brûlé. Pourtant, à première vue, je le croyais parfait. C'est le scanneur qui m'a révélé l'imposture. Faudra revoir la charte des dilutions.

Tout à coup, j'ai une folle envie de pisser. J'avise un club à quelques pas. Semble ouvert. Un type en manteau de cuir fume une cigarette à l'entrée. Verre fumée sur le bout du museau. Elle a l'air usé, sa tronche, mais il est capable de me sourire en me voyant passer. Je le lui renvoie, le sourire.

J'ouvre la porte d'entrée, puis je m'apprête à ouvrir une deuxième, celle que je crois être la porte des toilettes pour hommes. Aussitôt j'entends un cri de mort:

- Ohhh! C'est la toilette des femmes, stie!

Ouais, celle des hommes est juste une porte plus loin... Je souris en panoramique pour montrer que j'ai pigé le truc.

Une fois de retour dans la rue, je me suis dit que ces habitués du club doivent faire le même gag, jour après jour, semaine après semaine, à tous les hommes qui empruntent par mégarde cette porte et qui ne connaissent pas les alentours.

En attendant le prochain pingouin, ils jouent aux dards et boivent de la bière.

Ils ont dû faire un choix, un jour, il y a quelques années quand la Dominion Bridge fermait ses portes, juste à côté, derrière les clôtures Frost, là où maintenant les locaux servent à tourner des scènes de cinéma, comme me l'a confirmé une jeune femme à qui je demandais un renseignement sur la Dominion. Ou bien on s'en fout et on boit en jouant au dard, ou bien on mise sur quelque chose d'autre. Mais ces derniers, ceux qui ont misé sur d'autres chemins à suivre, n'étaient pas dans le club cet après-midi. Ces derniers devaient être ailleurs, très loin.

Très loin de Lachine. Lachine by the beach...

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6 déc. 2009

En vrac - IX

Un photographe est un vendeur qui s'ignore mais qui finit par le comprendre très rapidement. Le domaine le plus à cheval entre l'art et le commerce pur et dur. Une idée comme ça.

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Quand je vois quelques photos de la chanteuse Cat Power et que j'apprends qu'elle a eu un problème d'alcoolisme, je me demande tout à coup si la beauté d'une femme ne la confronte pas d'une manière systématique et continuelle à l'hommage des hommes et au spectacle de la laideur ordinaire, de sorte qu'on peut littéralement devenir perturbée ou momentanément folle à force d'être dans une catégorie à part. La beauté est un don gratuit, voilà l'injustice la plus subtile de l'aventure humaine.

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Aujourd'hui, j'ai fait un arrêt à la BNQ pour lire mon Devoir que j'avais trimballé avec moi pendant la journée. Une fois entré et une fois assis dans un fauteuil, après m'avoir frayé un chemin à travers la foule, - la biblio est carrément prise d'assaut quelques heures avant la fermeture - je commençai cette lecture que je fais le plus souvent en diagonale. Pourquoi? Parce que dès le premier paragraphe, je pourrais compléter moi-même l'article tellement c'est prévisible. A+B=C. Mais il y a des exceptions dont Louis Hamelin. Le week-end dernier il m'avait fait sourire dans ses allusions sur le conjoint de la GG, le bien nommé Jean-Daniel Lafond. Mais là, cet après-midi, je m'étais déjà endormi avant la section "Livres". Quand je me suis réveillé, j'ai levé les yeux sur un livre placé sur une table en face de moi, intitulé "Entretiens avec Ivan Ilitch". Écrit par David Cayley, un journaliste canadien-anglais, qui a pris la peine de discuter le bout de gras avec ce sociologue hors norme. Cela m'a rappelé mes lectures de deux essais d'Ilitch, à savoir Nemesis médical et Une société sans écoles. Qui pense encore à Ilitch décédé en 2002? Quelques têtes brûlées, pas plus. C'est ce qui m'a convaincu d'emprunter le volume et de me remettre à Ilitch, encore une fois. J'aime bien les penseurs autonomes capables de sortir des sentiers battus.

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Pour votre information, j'ai changé de révélateur film: je suis passé du Ilord DD-X au HC-110 de Kodak. Un premier développement m'a convaincu du bon choix que j'ai fait. Mais peut-être était-ce parce que le DD-X commençait à être trop éventé. Who knows! N'est-ce pas fascinant d'apprendre cette nouvelle?

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Viens de voir Capitalism, a love story de Michael Moore. C'est pas qu'il ait tort dans ses démonstrations, mais ce dernier millésimé se distingue par une présentation échevelée, qui sombre parfois dans le sentimentalisme. Évidemment, on passe l'éponge assez facilement parce que ce discours critique (quoique parfois caricatural) se démarque des discours officiels comme de la presse complaisante habituelle.

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Pour finir, cette étrange offre de vente: une Leica noire M8 avec une lentille Voigtlander 28mm offertes ensemble pour la modique somme de 3300$... Raison de la vente? Tenez-vous bien: "Euh..., je ne crois pas être un amateur de télémétrique." Effectivement, on achète une Leica comme on achète une paire de godasses...

5 déc. 2009

Cat Power

Pour faire plaisir à hoplite... Cat Power prenant la pause...

Ggggrrrr....



Père Noël à vélo...

2 déc. 2009

L'impossible perfection

J'ai longtemps cru à l'existence d'être humains tellement parfaits qu'ils pouvaient servir de modèle.

Puis, je me suis à voir les choses différemment. J'ai alors commencé à aimer les humains trop humains. La recherche de la perfection est le pire piège auquel un homme puisse être confronté: en effet, comment résister à l'attrait de s'améliorer, surtout quand les médias et la scène publique ne cessent de mettre en vedette ce thème?

Les personnalités de la semaine en sont le plus bel exemple. Mais il y a tout le reste: les Jeux Olympiques et les médailles, le sport et les classements, les concours de toutes sortes. On ne cherche que le plus fort, le plus intelligent, le plus beau, le plussss plusss plusss. C'est d'ailleurs dans ce genre de contexte que les dérapages ont lieu et c'est bien évidemment inévitable. Et la dope, et l'indignité, et l'orgueil, et la corruption, et bien d'autres errements...

Parce que l'Homme est triste quand il comprend qu'il n'est pas parfait. Et comme l'Homme est truffé d'imperfections, une conclusion s'impose, non?. Le jour où il aura compris cela, l'Homme sera extraordinaire et irradiera d'un charme irrésistible, ce dont quelques véritables grands hommes ont pu faire preuve, mais trop peu.

Car l'Homme ne cesse de rechercher la perfection et il ne cesse de se cogner le nez contre un mur.

Le dernier exemple de ce combat futile vers la perfection étant le golfeur Tiger Woods. Je vous laisse googler son nom pour savoir ce qu'il en est. Pour ma part, je n'ai jamais - mais vraiment jamais - pensé quoi que ce soit de Woods, si ce n'est que c'est un excellent golfeur. Le reste, je m'en fous royalement. Sauf peut-être son dérapage sur la route de la perfection. Il y en a qui peuvent peut-être se réjouir de sa mésaventure. Moi je le plains sincèrement. Welcome to the club.

Ayez donc une douce pensée pour l'Homme qui s'acharne orgueilleusement et stupidement à atteindre perfection et souhaitez-lui une petite prise de conscience. Allez, une petite bise pour l'Homme et que le courage l'accompagne dans cette nouvelle quête, la seule véritable qui compte, le seul Graal qui en vaille la peine.

N'oubliez jamais que l'Homme est tout petit face à l'impossible perfection de merde.

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30 nov. 2009

Crampe en masse

Au boulot, une collègue nous a fait écouté cette chanson de Crampe en masse. Je ne l'avais jamais entendue - la chanson - mais j'ai savouré les paroles comme la mélodie.

Dédié à tous ceux qui ont leur dose de la bêtise, de la débilité, de la connerie et de la mesquinerie généralisées.

C'est tellement beau. Tellement beau! C'eeeest beau, c'est pas possible!

29 nov. 2009

Cinéma en deuil

Durant mes vadrouilles en ville, quand je vois un plateau de tournage à l'extérieur, je ne vois jamais de fébrilité dans les visages des artisans. Jamais. Tout semble d'une allure tellement mécanique que je me suis longtemps posé la question sur ce genre de climat. Aujourd'hui j'ai eu un déclic à ce sujet.

À cette question existentielle, que j'ai soumise à l'angle créatif, j'ai tout à coup compris que le cinéma ne se fait plus au rythme des "illuminations" d'un réalisateur allumé, capable de refaire ses cadrages et ses plans séquences pour répondre à de nouvelles exigences artistiques.

Le cinéma d'aujourd'hui, c'est un peu comme de la peinture à numéro. On suit les instructions, donc on ne s'énerve pas. Si on s'énerve, c'est qu'on a dépassé les prévisions budgétaires.

Denys Arcand a déjà refusé une carrière à Hollywood - bien avant son Oscar pour la meilleure réalisation étrangère - parce qu'il savait déjà que le businezz (sic) avait envahi à grande échelle les entrailles de la création cinématographique.

Si Arcand a quand même résisté, il y en a un autre qui en a fait tout autant, sinon plus: Gilles Carle, un véritable artiste pour qui la liberté d'expression était plus importante que le succès immédiat. Quitter l'ONF pour lancer sa propre entreprise de production à la fin des années '60, c'était loin d'être évident quand on sait que le cinéma québécois en était à ses balbutiements et que le public n'était habitué qu'aux recettes hollywoodiennes.

Cette sienne approche de Carle s'est d'ailleurs reflétée dans ses thèmes principaux tels que la vie des gens ordinaires, l'identité nationale luttant contre le rouleau compresseur de l'économie mondiale et la place des femmes dans nos sociétés.

Même dans sa maladie, Gilles Carle essayait de rester actif en retournant à ses premiers pas en peinture. Il est décédé hier, au bout d'une longue lutte contre une maladie impitoyable, le Parkinson. J'en sais quelque chose pour avoir été témoin de la déchéance d'un proche aux prises avec cette maladie.

"Pourquoi moi?", disait apparemment Gilles Carle à sa compagne des derniers jours, Chloé Ste-Marie, celle qui l'a accompagné tout du long pendant son déclin physique.

Salutations à un grand artiste qui aura laissé en héritage une cinématographie de calibre en l'honneur des amoureux de l'art et de la liberté!

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