11 nov. 2009

Portrait du colonisé III




















Le passage du prince Charles à Montréal coïncide avec ma lecture du Portrait du colonisé d'Albert Memmi.

Bien entendu, le rôle du monarque du Royaume-Uni (de sa famille et de ses représentants) n'est plus qu'honorifique. Il n'empêche qu'il est aussi symbolique d'un passé pas si lointain.

Encore une fois, on comprendra que la distinction gauche-droite n'est qu'anecdotique dans tout ce processus.

Le sens de la colonisateur aux yeux du colonisateur:

Ayant découvert le profit (le colonisateur), par hasard ou parce qu'il l'avait cherché, le colonisateur n'a pas encore pris conscience, cependant, du rôle historique qui va être le sien. Il lui manque un pas dans la connaissance de sa situation nouvelle: il lui faut comprendre égaleement l'origine et la signification de ce profit. À vrai dire, cela ne tarde guère. Comment pourrait-il longtemps ne pas voir la misère du colonisé et la relation de cette misère à son aisance? Il s'aperçoit que ce profit si facile ne l'est tant que parce qu'il est arraché à d'autres. En bref, il fait deux acquisitions en une: il découvre l'existence du colonisé et du même coup son propre privilège.


La gauche et la colonisation:

Le socialisme s'est voulu, depuis si longtemps déjà, de vocation internationaliste que cette tradition a semblé définitivement liée à sa doctrine, faire partie de ses principes fondamentaux. (...) Lorsque l'URSS, "patrie internationale" du socialisme, se posa en nation - pour des raisons qu'il serait long d'examiner ici -, ses raisons ne parurent guère convaincantes à beaucoup de ses admirateurs les plus dévoués.


Ensuite, Memmi explique le retournement de la gauche, ayant compris que l'identité nationale ne peut être négligée, ne serait-ce que d'un point de vue tactique:

Au lieu de se battre au nom de l'idéologie socialiste contre un danger capitaliste, les partis commnunistes, et une grande partie de la gauche, ont préféré opposer une entité nationale à une autre entité nationale, assimilant assez fâcheusement Américains et captitalistes. De tout cela, il a résulté une gêne certaine dans l'attitude socialiste à l'égard du nationalisme,un flottemment dans l'idéologoie des partis ouvriers.


Lien (discutable mais réel) entre la décolonisation et le nationalisme:

Or , pour de multiples causes, historiques, sociologiques et psychologiques, la lutte des colonisés pour leur libération a pris une physionomie nationale et nationaliste accusée. Si la gauche européenne ne peut qu'approuver, encourager et soutenir cette lutte, comme tout espoir de liberté, elle éprouve une hésitation très profonde, une inquiétude réelle devant la forme nationaliste de ces tentatives de libération.


Mitterand à l'égard du Québec s'est comporté de la même manière.

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Ajout:

Dans le Devoir d'aujourd'hui (article de Burak Akinci), un article sur le plan kurde du gouvernement turque. Il s'agit "d'améliore les droits des Kurdes (minorité intégrée de force dans la Turquie moderne fondé par Mustafa Kemal Atatürk). Il pourrait, selon la presse, envisager l'usage de la langue kurde à l'école dans le secteur de l'éducation, assurer le retour d'Irak des réfugiés kurdes et investir dans le sud-est, majoritairement kurde et défavarisé."

Que comprendre de cette nouvelle approche du gouvernement turque, longtemps connu pour négliger sa minorité kurde? Un brusque revirement de ce genre n'arrive pas spontanément sans des raisons le poussant à agir de la sorte. La communauté kurde, victime de la colonisation de ses territoires, constituait un bassin humain et matériel à exploiter à peu de frais. C'est cela la colonisation.

Mais voilà que l'Europe songe à ouvrir ses portes à la Turquie au CEE. Sauf que pour intégrer ce pays dans la danse de la consommation néo-libérale, il doit faire preuve d'une politique d'ouverture envers certaines situations injustes. Il y a d'abord eu des "progrès" réalisés avec l'Arménie, pays victime d'un génocide au début du siècle dernier. Maintenant, c'est au tour des Kurdes de se voir offrir plus de souplesse par le gouvernement central.

Mais cette ouverture ne se fait pas sans grognement de la part des conservateurs turques, dont les nationalistes turques qui voient "l'unité" de la Turquie fragilisée par une telle approche. Quant à la gauche, toujours incompétente en matière d'affirmation des minorités, elle est incapable d'avoir une vision globale de la situation.

Comme quoi, Memmi visait juste quand il parlait des mécanismes profonds de la colonisation. Les mêmes acteurs jouent les mêmes rôles, de sorte qu'on ne peut que voir tout ce théâtre politique qu'avec désillusion et cynisme.

Ça me donne le goût de relire "Les Désenchantés" de l'excellent Pierre Loti. Un roman qui n'a rien à voir avec la politique mais qui est un écho à l'insipidité de cette civilisation marchande se distinguant par son vide exitentiel.

C'était mon éditorial du jour...

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9 nov. 2009

Portrait du colonisé II

Chaque livre a son histoire. Cela est aussi vrai pour son auteur que pour ses lecteurs. Je crois que chaque lecteur pourrait écrire un témoignage sur les manières imprévisibles selon lesquelles un livre vous arrive entre les mains. C'est presque hallucinant, du moins en ce qui me concerne.

La seule idée d'aller dans une librairie, selon le modèle conventionnel, de chercher un livre sur les étagères et de l'acheter, cela me fait presque rigoler. Et je rirais à m'en battre les côtes si j'imaginais quelque lecteur avec une liste de titres écrites sur un bout de papier. J'espère ne jamais me rendre à ce niveau d'insipidité. Les vrais livres qu'on veut lire, ils vous habitent dans la tête avant même de les rechercher. Ils sont en vous et n'attendent qu'une clé pour sortir de leur cage. Les livres qui vous sont destinés vous arrivent de mille autres manières et atterrissent sur vos genoux en se déposant comme une plume. Suffit d'avoir un peu d'imagination et surtout une ouverture d'esprit.

Anyway (pour reprendre la formule à Foglia).

Dernièrement, je vous parlais de cet émigré asiatique d'âge mûr rencontré dans un bus et qui apprenait son français en lisant "Portrait du colonisé" et de l'inspiration que j'ai eue de me taper aussi cette lecture.

Je n'ai lu que l'introduction par le même auteur. Une introduction écrite en 1966, quelques années après une première publication en 1957.

Je n'ai lu que ces quelques pages et j'ai tout de suite compris que je suis fou du Tunisien Albert Memmi. Littéralement fou, à tel point qu'il est fort possible que je ne lise pas son livre, tellement je serai bouleversé de lire sa prose et de laisser ses idées m'habiter. Mais il le faudra bien, car Memmi me parle: je le sens à côté de moi.

Tant pis pour les émotions qui vont suivre. Tant pis pour la commotion qui va m'assaillir. Tant pis pour le foudroiement qui me traversera. Je mériterai tous ces états d'âme et ces tremblements spirituels. Memmi est trop essentiel pour risquer de passer à côté de lui.

En tout cas, la multitude des faits que j'avais vécus depuis l'enfance, souvent en apparence incohérents ou contradictoires, s'organisaient ainsi dans des constellations dynamiques. Comment le colonisateur pouvait-il, à la fois, soigner ses ouvriers et mitrailler périodiquement une foule colonisée? Comment le colonisé pouvait-il à la fois se refuser si cruellement et se revendiquer d'une manière si eexcessive? Comment pouvait-il à la fois détester le colonisateur et l'admirer passionnément (cette admiration que je sentias, malgré tout, en moi)? C'était de cela que j'avais surtout besoin moi-même: mettre de l'odre dans mes sentiments et mes pensées, y accorder peut-être ma conduite.


Je reviendrai sur ce livre plus tard, quand je l'aurai parcouru davantage. Si j'y reviendrai, c'est qu'il est encore actuel. Si Memmi a mis à jour les mécanismes de la colonisation et qu'il me parle encore, c'est qu'il a non seulement démonter une mécanique injuste et inhumaine, mais aussi il en a exposé les principes fondamentaux de l'exploitation de l'homme par l'homme.

Hier, c'était les colonies, aujourd'hui c'est le néo-libéralisme. Lire Claude Vaillancourt et Mainmise sur les services (écosociété) pour vous en convaincre.

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6 nov. 2009

Un film sur Trotsky

Ai vu The Assassination of Trotsky de Joseph Losey (1972) mettant en vedette une brochette de grands acteurs de l'époque. Avec le recul, toutefois, ça fait drôle de voir Romy Scheider en passionara de la révolution marxiste. On arrive quand même à y croire un peu. Alain Delon en assassin psychopathe? Ouais, un peu. Ça reste dans son registre naturel, pourrait-on dire. Mais Richard Burton en Trotsky penseur et praticien de la théorie marxiste, ça commence à ramer. Il est vrai que ce dernier, avant de faire les choux gras de la presse à scandale, avait quand même joué du Shakespeare. Je dis ça de mémoire, je peux me tromper... Globalement, j'ose dire que le casting donne une drôle d'impression, quand on sait que dans la vraie vie ces acteurs ne se déplaçaient - et se déplacent encore - que d'hôtels cinq étoiles à un autre. Mais à ce compte-là, cette observation est tout aussi vraie pour Warren Beatty dans Reds et Bonnie & Clyde et toute la ribambelle de films rebelle hollywoodiens. J'aime cajoler l'idée que quelques uns y échappent. Quelqu'un comme Mickey Roorke, par exemple. Googlez-le pour en avoir le coeur net.

Toujours au sujet de ce film, à un autre niveau, il montre bien l'impasse de la discussion politique. Oubliez l'étiquettage des clans politiques en cause à l'époque de Staline ou à toute autre époque et retenez seulement le principe de l'opposition des conceptions et des idées. En d'autres mots, les civilisations sont habitées de groupes de pression s'opposant les uns les autres. Les révolutionnaires d'hier deviennent inévitablement les réactionnaires du lendemain. Comme quoi, il n'y a que les rapports de force qui comptent, non l'échange d'idée. Ici Staline ne pouvait souffrir l'idée que Trotsky continuait à émettre des idées qui portaient ombrage à son culte de la personnalité. La peur de l'autre, celle qui éveille les réflexes tribaux propres à l'Homme dans ce qu'il a de plus ordinaire, cela me fait penser au livre culte de l'auteur nobellisé (à juste titre) Elias Canetti, Masse et puissance. Un livre dont on ne parle jamais assez. La conclusion de cette oeuvre, malgré une lecture remontant à plusieurs années, m'habite encore. Une telle vision lucide du monde et de ses enjeux, voilà bien le traitement de choc dont beaucoup de nos décideurs et citoyens ont le plus grand besoin.

C'était mon éditorial de la semaine. Désolé si je ne vous donne pas tout cuit dans le bec.















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Oui, je sais que c'est un caprice mais je n'ai pu résister... Un Power Winder A2 pour mon Canon A-1... Kechitt-kechitt-kechitt-ket...

La faune de la photo

Il y a la photo et il y a l'arrière-scène, c'est-à-dire l'espace où se rencontrent les photographes de tout acabit.

Et parmi cette foule d'amateurs et de passionnés, il y a les revendeurs d'accessoires. Tout un monde en lui-même.

Il m'est d'ailleurs arrivé récemment de comprendre qu'à part le plaisir lui-même de la photographie, peut-être y a-t-il aussi la fascination de rencontrer des esprits retors, qui ont beaucoup plus l'esprit d'un colporteur de brosses que celui d'un artiste.

Ils vendent n'importe quoi et à des prix souvents exorbitants. Ils sont de cette race de revendeurs pisantins qui cherchent à vous refiler un Tour de Pise baromètre en simili-plâtre à 20 fois le prix de sa véritable valeur. Si vous l'achetez au prix offert, c'est que vous êtes un imbécile fini.

- Entre toi et moi, je te dirais que (...)

- Je fais encore de l'argentique comme toi, mais ça me fait plaisir de te vendre cette lentille culte dont les ignorants du numérique ne se servent pas du tout...

- Quel milieu, tout de même!

- Tu ne trouveras cette pièce nulle part ailleurs.

- À tel encan, fais attention à tel revendeur dont la table est à droite en entrant. Il est toujours accompagné de son frère jumeau. Ils te refilent du stock pourri, les trois-quarts du temps. C'est moi qui te le dis. En passant, j'ai un filtre Hoya UV pour toi. Un prix d'ami... Ou encore, c'est autre accessoire compatible avec tous les boîtiers connus (?), suffirait d'une bague adaptatrice. Malheureusement, ça ne marche pas avec les montures FD, à moins que tu mettes la main sur une pièce particulière...

Etc., etc., etc...

C'est tellement mignon que ce spectacle!

L'Homme dans toute sa grandeur et ses innombrables petitesses. C'est tellement beau... Merci d'exister, chers revendeurs!




















Hé!

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4 nov. 2009

Hommage à Claude Lévi-Strauss

M. Lévi-Strauss vient de nous quitter.

J'aime beaucoup sa prose et sa fine pensée. Un homme capable de sortir des sentiers battus et des tabous.

Un homme libre avec une vision originale du monde.

Voilà la disparition d'un bien grand homme. Ici un extrait de ses entretiens sur ARTE en 1972:

1 nov. 2009

Testostérone +++

Ça fait du bien de s'immerger de testostérone, de se laisser saturer de masculinité, de se débarasser de cette pensée rectitude-tout-le-monde-il-est-gentil.

Alors j'écoute de temps en temps "Crinqué", version française de Crank. Avec l'enfoiré de Jason Statham.

Dégustez:

31 oct. 2009

Les combines

Quand j'étais adolescent, il m'est souvent arrivé de parler politique et société avec mon père. L'ennui, c'est qu'il s'en lassait rapidement.

- Fils, le monde est mené complètement par la pègre.

Et voilà qui mettait fin à la discussion. J'avais beau lui faire valoir que la démocratie, c'est la voix et la volonté du peuple, il y avait quelque chose qui clochait dans ma démonstration. Et lui de lever les yeux au plafond.

Il avait raison même s'il n'avait pas "d'instruction". Et c'est peut-être parce qu'il n'avait pas "d'instruction" qu'il avait une pensée claire, non contaminée par la finesse de la dialectique de l'endoctrinement des études "supérieures". Il allait droit au but et ainsi il voyait clair. Cette approche se perd de plus en plus dans ce monde rapiécé de pensées magiques et inutilement complexifiées.

Les années suivantes n'ont que confirmé son affirmation laconique.

Vous voulez faire de la politique et vous croyez que vous pourrez faire valoir vos idées civiques sans avoir de compte à rendre à personne? C'est une grave erreur. D'abord, vous avez des alliés naturels à satisfaire, ensuite vous devez faire attention à ceux qui vous encouragent financièrement. Au bout du compte, vous vous rendez compte que vous n'avez QUE des comptes à rendre.

Et la liberté est foutue.

Vous voulez faire du commerce? Vous voulez vendre des pommes et vous pouvez les vendre à un prix compétitif? Vous ouvrez un kiosque et vous faites des affaires d'or parce que vous avez un fournisseur qui vous les refile à des prix fantastiques. Puis, quelques jours plus tard, un "représentant" vient vous dire que les autres vendeurs de pommes n'aiment pas que vous les offriez à un prix si extraordinaire. Il réussit rapidement à vous convaincre (peur, menaces, flatterie: dans l'ordre ou dans le désordre) et vous vous alignez sur le prix officiel.

Même mécanisme dans le monde des blanchisseries (teinturier chez les Français), les pompes funèbres et tout le reste de ce qu'on appelle l'économie de marché libre.

L'exemple le plus éloquent qui se joue à la grandeur du monde libre, c'est le marché de l'essence. À part quelques variations de quelques cents dans une région donnée, on vous vendra l'essence à un tarif très comparable établi par ceux qui pensent pour vous.

Welcome to the real world. Un monde de cliques et corporatif.

C'était mon éditorial pour vous préparez aux élections municipales de demain. Vous croyez avoir la liberté de choisir votre maire. Vous avez encore cette liberté, sauf qu'elle s'arrête là. Après les élections, les véritables affaires vont reprendre.

Hé!

Pour mes amis français, un petit clip de Grand François qui va dans le même sens:

http://www.dailymotion.com/video/xaz5wg_gf-dynastie-102009_



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28 oct. 2009

Le jeu de la consommation

Longtemps, j'ai été un bien piètre consommateur pour la bonne raison que je ne dépensais pas, n'ayant pas le blé pour me considérer comme un client.

(Hein, avec "longtemps" en début de phrase, ça fait Proust et ça donne un frisson... Hé, hé, hé!)

Puis, j'ai commencé à émerger tranquillement, ie à avoir un peu de pouvoir d'achat et ainsi apprendre à consommer.

Sauf que je suis encore un bien piètre consommateur. Raison? J'ai pas la patience de faire la tournée des commerces ni d'astiquer une annonce après l'autre afin de faire des comparaisons.

Disons que je me contente d'un survol - une vue panoramique de l'affaire - avant de faire mon choix.

Et je me fais avoir encore de temps en temps, bien entendu.

J'ai d'ailleurs compris depuis un bon bout de temps que la prospérité des uns est le résultat de la misère de beaucoup d'autres. En économie, oserais-je dire, il n'y a pas de miracle: que des laissés-pour-compte et quelques enfoirés qui ont pigé le rare bon numéro.

Et dans toute cette panoplie de comportements, il y a le consommateur vigilent tel que démontré par Grand François, lequel me fait marrer la plupart du temps...

26 oct. 2009

Cette gentillesse qui tue...

Il y a des moments réellement charnières dans une vie.

Juste hier, après avoir été faire un tour à la BNQ, je montais dans le métro de la ligne orange, quand, une fois la rame en marche, je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas de place assise.

J'en ai pris mon parti bien que j'eusse aimé lire tranquillement tout en étant assis.

Puis, une jeune femme accompagnée de son ami me fit aimablement signe pour me dire qu'il y avait un siège de disponible.

Pourtant je n'avais pas râlé... Je lui fis un sourire et me dirigeai vers le siège.

C'est la première fois qu'on m'aide pour ce genre de chose. Je compris alors que j'étais devenu vieux aux yeux des jeunes.

Cette politesse qui tue... Et pourtant, j'aime mieux cette politesse que l'indifférence.

;)

24 oct. 2009

Les enveloppes brunes

Hé oui, de retour parmi vous, sur la planète blogue...

Juste un petit mot pour encore parler de l'Homme et de sa fragilité.

Au niveau municipal, on apprend qu'il y a de la corruption chez nos politiciens, que les entrepreneurs en construction arrosent les élus pour s'assurer de futurs contrats (un 3% sur tous les contrats tombent dans les caisses des partis), que telle centrale syndicale est noyautée par la pègre, que des partis provinciaux seraient en cheville avec le monde interlope, que, que, que...

Tout cela est fort attristant.

Souhaitons-nous une ère plus digne de l'Homme et de son besoin de vivre dans un monde plus harmonieux, juste et sain.

Mais entre les souhaits et la réalité, il y a un monde de différence, de sorte que l'Homme aura toujours besoin d'être réassuré et finira toujours par être déçu.

J'aime bien l'Homme, ne serait-ce parce que j'en suis un moi-même, mais alors comment réussirons-nous à rendre l'Homme enfin en paix avec lui-même, donc moins tourmenté?

Ayons donc une pensée humaine pour l'Homme et sa quête d'authenticité.

Message mi-figue mi-raisin.

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21 oct. 2009

Réparation

Très chers visiteurs, je suis forcé d'arrêter momentanément l'écriture de mes billets pour la simple raison que je fais remettre en ordre mon ordinateur, une vieille "bagnole" de quelques années déja.

Un copain s'en occupe.

De retour dans quelques jours.

Je vous ai écrit tout spécialement d'un café internet...

18 oct. 2009

En vrac - VI

Ici et là dans les journaux:

- Des voisins découvrent que le supposé épouvantail sur le balcon d'une maison du quartier n'est pas une décoration, mais un vieil Américain décédé sur sa chaise berçante il y a quelques jours déjà. Solidarité humaine... Histoire vraie.

- Une Arabe découvre sur le cellulaire de son mari qu'il lui avait donné comme surnom Guantanamo... Elle a demandé le divorce sur-le-champ, après, sans doute, 17 années de bonheur et d'harmonie... Guantanomo, mon amour: le titre de la biographie à venir du mari rejeté. On va se l'arracher dans les kiosques... ;)

- La corruption de la classe politique. Quand une affaire remonte à la surface, la plupart d'entre eux - sinon tous - nient fermement et formellement être partie prenante de pots-de-vin et autres malversations. Ça me fait penser à certains athlètes qui ont été accusés de doping. Tous de refuser l'évidence jusqu'à l'exposition des dernières évidences. Je salue les vrais!!!

Parfois l'Homme est triste.

- Sur le combat entre le Bien et le Mal. C'est le thème éternel du cinéma américain. Ce qui m'étonne dans ce genre de film, ce sont les dialogues, comme si le Bien et le Mal devaient verbaliser sur l'objet de la discorde. Mais nous savons tous que les véritables ennemis ne se parlent jamais parce qu'ils savent déjà pourquoi ils se disputent. L'argumentation est un artifice du cinéma permettant de jouer avec les fantasmes du cinéphiles. Dans la vraie vie, il n'y a pas d'argumentation, car tous ont lu Schopenhauer et L'Art d'avoir raison...

- Nicolas Sarkozy soutient la candidature de son fils Jean au poste de président du quartier de la Défense, un endroit stratégique de la finance et de l'économie française où se gèrent régulièrement des sommes d'argent astronomiques. Jean Sarkozy, 23 ans, n'est qu'en deuxième année de droit, sans aucune expérience des affaires! (Pourquoi ce type passe en avant de tout le monde?) Et le père, dans la même journée, de défendre l'idée du succès allant au plus méritant, du coup, il récusait les droits liés à la naissance...

Parfois l'Homme est plein de contradictions, quand il n'est pas de mauvaise foi.

- La vie est quelquefois comme une ruelle sans adresse civique. Aucun sens et pourtant il faut s'y faire...

17 oct. 2009

En éveil...

Un chat croisé au cours d'une vadrouille dans St-Henri.

Derrière une fenêtre et, en filigrane, un moustiquaire.

Canon A-1 Tri-X 400 ASA (révélateur Ilford DD-X):

Chat scrutateur

N'oubliez pas, on s'amuse...

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14 oct. 2009

Portrait du colonisé


Il y a de ces anecdotes qui méritent d'être racontées, ne serait-ce que pour montrer par quels états d'âme on peut passer tout au long du déroulement d'un événement.

Quoi qu'il en soit, c'était quelque chose de banal aux yeux de la vaste majorité des gens, si seulement cette anecdote a pu être remarquée par quelqu'un d'autre que l'acteur principal et moi, le témoin, votre humble serviteur.

Il s'agissait d'un passager de bus lisant un livre. Comme il n'était pas couvert - voilà une bonne habitude qui tend à disparaître, tant les gens commencent à camoufler leur livre de peur d'être jugés sur leur style de lecture -, j'ai pu voir que c'était l'essai intitulé Portrait du colonisé d'Albert Memmi.

Dois-je signaler que le lecteur était un Asiatique dans la cinquantaine bien entamée? Oui, je pense que la précision est utile à faire. Cette seule observation m'a d'ailleurs fait réfléchir sur la langue d'usage de cette personne.

C'est de manière tout à fait naturelle que je lui adressai la parole. Je compris rapidement qu'il ne faisait que baragouiner le français: le type apprenait le français à partir de ce bouquin à l'aide d'un dictionnaire de poche. Je voyais les caractères mandarins - était-ce du mandarin? - sur les marges des pages. Hallucinant.

J'étais en fait abasourdi.

Cela me rappelait mon apprentissage de l'anglais à une autre époque, sauf que je n'avais pas eu à franchir la barrière d'un nouvel alphabet. Et voilà que cet homme, la cinquantaine bien entamée, s'était donné comme mission d'apprendre le français à partir de cet essai.

Est-ce que cet essai était écrit par un néo-Québécois? J'ai cru deviner que ce livre avait été publié par un éditeur de la rue St-Denis. L'Asiatique a d'ailleurs pris la peine de me pointer du doigt l'information à ce sujet. Comme la publication remonte aux années '50, cet éditeur est fort probablement disparu depuis belle lurette. Le nom, en tout cas, ne me disait rien qui vaille.

Je le saluai en me promettant de creuse le filon Memmi dès que je pourrais. En le quittant, je me suis retourné pour le regarder encore une fois et j'étais sidéré et étonné de constater qu'il existe encore des êtres humains capables de s'arrêter pour lire et réfléchir. J'avais presque les larmes aux yeux!

Topo sur le livre:

« Un homme est ce que fait de lui sa condition objective. »

1957. Cela fait un an que le pays d’Albert Memmi, la Tunisie, s’est dégagé de la domination coloniale française. Tunisien, l’auteur fut un colonisé ; Juif, il fut en quelque manière un indigène privilégié, tourné (grâce à la bienveillance de la République coloniale) vers la France et sa culture. En somme, il fut sous le joug français « une espèce de métis de la colonisation, qui comprenait tout le monde parce qu’il n’était totalement de personne ». Cette compréhension, Albert Memmi la mit à profit dans l’écriture d’un ouvrage lumineux, remarquable et prophétique, proposant deux portraits. Deux portraits qui se réclament « d’une expérience, mise en forme et stylisée, mais toujours sous-jacente derrière chaque phrase », mais qui dessinent un propos universel, une fresque saisissante d’une situation qui « était le lot d’une multitude d’hommes à travers le monde » – la situation coloniale, situation de domination absolue d’un peuple sur un autre.

Ces deux portraits, s’il faut les faire séparément, ne peuvent se penser l’un sans l’autre : le colonisateur et le colonisé se sculptent l’un l’autre, comme les deux termes de la relation coloniale.



J'avais d'abord cru que c'était le témoignage d'un immigrant au Québec. Mais à lire le résumé de l'essai, cela reste quand même une belle introduction à la réalité québécoise, même à l'heure actuelle...

Surtout à l'heure actuelle...

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Parlant de colonisation, le clown intersidéral Guy Laliberté a finalement pu faire le show pour l'eau et la planète.

Tout en anglais... Pas un seul mot pour rappeler d'où lui-même est originaire. Décidément, la survie de la planète passe par l'anglais...

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11 oct. 2009

Crimson and clover


Je faisais récemment un pélerinage sur le Chemin du Roy (la 138, comme on dit par che'-nous).

J'ai pris quelques photos ici et là. En voyant un truc intéressant, je coupais le moteur, sortais ma caméra numérique et faisais un snap-shot, histoire de rendre ma balade un peu créative.

À Pointe-du-Lac, je suis arrêté au manoir de Tonnancour où j'avais jamais mis les pieds. Dans la cour arrière, une étendu d'eau retenue par un petit barrage.



Pas de doute, les seigneurs d'autrefois savaient y faire...

Puis, je rallumai la radio et j'ai eu un coup au coeur. Crimson and clover que je vous offre gratis!


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Ah
Now I don't hardly know her
But I think I could love her
Crimson and clover

Ah
Well if she come walkin' over
Now I been waitin' to show her
Crimson and clover
Over and over

Yeah
My mind's such a sweet thing
I wanna do everything
What a beautiful feeling
Crimson and clover
Over and over

Crimson and clover, over and over